Compte rendu de la réunion chercheurs népal à Paris le 9 février

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Nous étions à l'INALCO à Paris voici 2 semaines pour une réunion à l'initiative d'un réseau de chercheurs qui se met en place dans le cadre de leurs études sur le Népal.
L'objectif de la réunion était de réunir associations, ONG, chercheurs et autres institutionnels qui s'intéressent à la situation au Népal et souhaitent apporter leur aide.

Une bonne quarantaine de personnes avaient fait le déplacement, représentant pour un tiers des associations et ONG, pour un tiers des chercheurs, et un tiers d'experts et professionnels de l'aide à la reconstruction (sismologues, architectes, etc.).

Denis Blamont ouvrait la réunion en introduisant le village de Salmé, qui est un paradigme de village népalais et concentre beaucoup d'attention de la part des chercheurs français, qui entretiennent de fait des liens particuliers avec ce village et cette vallée.
Après les aides d'urgences (couvertures, nourritures, abris...), les questions que se sont posé les occidentaux ont été les même un peu partout : que faire, comment agir? Il restait là bas très peu de maisons habitables sur un total de plus de 500  foyers avant le tremblement de terre.

On remarque que les maisons vernaculaires sont décrédibilisées, puisque celles ci sont également tombées par terre (mais il n'est pas sûr qu'ils n'étaient pas non plus les meilleurs). Les népalais sont en attente d'un modèle. Mais pour construire sur le long terme, il faut un habitat durable, et donc bien étudier les zones géologiques pour la reconstruction. Mais il faut aussi un projet de développement, pour que les gens qui ont tout perdu ne partent pas ailleurs en se disant «à quoi bon rester ici».

À Salmé, des prototypes de bâtiments vont être construits pour que la population puisse se décider et apprendre les techniques en même temps, c'est une approche qu'on retrouve dans pas mal de cas et qui semble intéressante.

À ce propos, l'intervention de Ludovic Jonard, de Architecture et Développement http://archidev.org/, a éclairé pas mal de participants. Il rappelle que la reconstruction n'a pas encore commencé, et que la performance de l'aide est très relative. À son avis, avant que les gens ne se lassent d'attendre et ne commencent à reconstruire de façon un peu anarchique («en tirant un peu les leçons du passé»), il faut avant tout les accompagner en assurant un encadrement, une maîtrise d'ouvrage, et une «planification participative», pour ne pas se substituer aux populations ou aux autorités locales, mais en essayant d'apporter une expertise et des savoir faire.
Il rappelle que le problème des maisons qui figurent au catalogue n°1 (qui fait foi légalement pour l'instant) c'est que «à 10000$ personne ne peut se les payer».


Marc Glass est un énergéticien du GERES, spécialisé dans les énergies durables et la protection de l'environnement, qui propose son aide et son appui technique.

Les membres de CraTerre, en même temps chercheurs et architectes, sont venus raconter leur expérience en Haiti, et leur démarche au Népal où ils sont en train de former des gens dans un village. Pour eux «il y a beaucoup de solutions de réparation et de rétro fitting» à mettre en oeuvre, et «en général les bâtis locaux sont pertinents». Cependant quelqu'un note aussi que pas mal de techniques se sont perdues avec l'émigration saisonnière pour aller travailler sur les chantiers du golfe ou ailleurs.
Craterre propose aussi d'aider avec ses équipes de facilitation sociale, car on ne peut pas amener des solutions toutes faites sans écouter la parole des populations.

Les membres du réseau de chercheurs ont d'ailleurs une expertise dans ces domaines et proposent de la partager.

Une participante rappelle les structures déjà en place et qu'il est important de travailler avec les structures déjà existantes, le gouvernement bien sûr, mais aussi la National Reconstruction Authority, et surtout la plateforme de coordination ENSET. Le Népal n'est pas très «bankable» : même si cela n'a pas de sens de comparer, la fondation de france a récolté 35 millions d'euros de dons pour le séisme en haiti, contre 5 pour le népal...

La réunion se termine sans vraie perspective mais avec de belles rencontres, on aura tissé quelques relations, et on remercie vivement les chercheurs à l'origine de cette initiative grace auxquels on pourra avancer sur plusieurs points cruciaux dans le futur, et avec qui on souhaite rester en contact.

M. Ramtaba Rakhal, représentant de l'ambassade du Népal à Paris, cloture la scéance en nous assurant de sa gratitude et de son soutien (il nous a même donné sa ligne directe).

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